PRODUCING SAFE(R) SPACES
Master’s Thesis in urban design ● Marseille, FR ● 2024

© Şener Yılmaz Aslan
Ces dernières années, le discours public a évolué : il est devenu plus populiste, hostile et discriminatoire à l’égard des communautés marginalisées, des personnes racisées, des femmes* et des personnes queer. Ces dynamiques se reflètent également dans les espaces publics, où les logiques spatiales d’exclusion/inclusion et d’ouverture/séparation se reproduisent dans la ville. Ce mémoire de fin d’études cherche à explorer comment des projets collaboratifs et des pratiques urbaines alternatives peuvent proposer de nouvelles approches et créer des espaces plus safes.
In recent years, there has been a shift in public discourse: it has become more populist, hostile, and discriminatory toward marginalized communities, People of Color, women* and queer people. These developments are also being negotiated in public spaces, and spatial dynamics of exclusion/inclusion and openness/separation are reproduced in the city. This thesis seeks to explore how collaborative projects and alternative urban practices can propose new approaches and create safe(r) spaces.
[Resumé]
Une préoccupation centrale de « l’activisme politique queer, antiraciste et féministe actuel » (Hilger 2023) est la demande d’espaces safe (ou plus safe) : des espaces d’échange non discriminatoires, qui « offrent un réseau de soutien et de compréhension. Ils constituent une oasis pour certains groupes qui, autrement, se verraient refuser la sécurité et le respect » (Ferguson 2014). Ce terme est utilisé à plusieurs reprises dans le débat sur la protection des individus et des groupes qui, au sein d’une société dominante existante, se retrouvent considérés comme des « outsiders » ou des « autres » (Vaiou/Kalandides 2009). La sphère publique européenne ayant connu ces dernières années une recrudescence de la violence et du harcèlement à l’encontre des populations marginalisées, l’appel à la création d’espaces safe (ou plus safe) est devenu un slogan largement adopté et un cri de ralliement populaire.
Les élections du Parlement européen de 2024 ont entraîné un virage spectaculaire vers la droite, les résultats indiquant une montée significative des factions d’extrême droite et des sentiments populistes. Alors que les valeurs démocratiques et les libertés sont fortement remises en question (Jacqué/Milingre 2024) et que les discours de haine dans l’espace public et les politiques discriminatoires régissant la vie publique deviennent la norme (Sanaullah 2024), la revendication d’espaces safe (ou plus safe) transcende le simple slogan. Au-delà d’un cri de ralliement, cet appel traduit désormais une véritable recherche d’espaces de sécurité dans un environnement de plus en plus hostile.
L’argument que ce mémoire tente de mettre en avant est qu’il y a beaucoup à apprendre sur la création de la sécurité à partir de pratiques urbaines critiques. Ce qui peut (à première vue) se présenter comme un cours de danse, un atelier de réparation de vélos improvisé ou un chantier participatif peut nous apprendre beaucoup sur la manière de lutter contre la marginalisation et de permettre une négociation émancipatrice des différences : Mon hypothèse générale est que l’essence même de ce qui produit des espaces safe (ou plus safe) peut se rencontrer et s’épanouir au cœur de moments participatifs, de pratiques solidaires et de rencontres inclusives qui voient le jour dans le cadre et tout au long de projets relevant de la pratique urbaine critique. De plus, en passant en revue l’ensemble de la recherche existante sur les espaces sûrs (qui englobe notamment l’analyse du discours et de la communication, allant des domaines d’étude de la sociologie et de la communication à la pédagogie), j’ai constaté un manque de recherche sur leur nature spatiale et leurs implications.
Considérant la création d’un espace safe (ou plus safe) comme un processus intrinsèquement corporel et spatial, cette thèse vise donc à mettre en évidence sa matérialité et à explorer la nature interdépendante de ses dimensions discursives/communicatives et matérielles/physiques.
[Abstract]
A central concern of “current queer political, anti-racist and feminist activism” (Hilger 2023) is the demand for safe(r) spaces: spaces for non-discriminatory exchange, that “provide a network of support and understanding. They are an oasis for some groups who are otherwise denied safety and respect” (Ferguson 2014). The term is repeatedly used in the debate on the protection of individuals and groups who, within an existing dominant society, find themselves constituted as “outsiders”, or “the others” (Vaiou/Kalandides 2009). With the public sphere all over Europe experiencing new highs in violence and harassment of marginalized populations in recent years, the call for safe(r) spaces has become a widely adopted slogan and popular battle cry.
The 2024 elections of the European parliament have brought about a dramatic shift to the right, with the results indicating a significant rise in far-right factions and populist sentiments. As democratic values and freedoms are heavily challenged (Jacqué/Milingre 2024), and hateful rhetoric in a public setting and discriminatory policies regulating public life becoming the norm (Sanaullah 2024), demanding safe(r) spaces transcends a mere slogan. Beyond a battle cry, the call now coins a genuine search for spaces of safety in an increasingly hostile environment.
The argument that this thesis tries to put forward is, that there is a lot is to be learnt about creating safety from critical urban practice. What may (at the first glance) present as a dance class, a makeshift bicycle-workshop, or a participatory construction site, can teach us a great deal on how to challenge marginalization and to enable an emancipatory negotiation of differences: My general assumption is that the essence of what it is, that produces safe(r) spaces, may meet and flourish in the middle of participatory moments, solidarity-based practices, and inclusive encounters as they come into being within and throughout projects in critical urban practice. Moreover, reviewing the existing body of scholarship on safe(r) spaces (which encompasses notably the analysis of discourse and communication, ranging from the study fields of sociology and communication to pedagogy), I have found a lack of research on its spatial nature and implications.
Understanding the production of a safe(r) space as an inherently corporal and spatial process, the thesis therefore aims to highlight its materiality and to explore the interwoven nature of both its discursive/communicative and material/physical dimensions.
Julia Leanie Rosner
Marseille (FR) & Hambourg (GE), 2023-2024
Recherche et mémoire en design urbain à l’université Hafencity de Hambourg (GE)
Julia Leanie Rosner
Marseille (FR) & Hamburg (GE), 2023-2024
Research and Thesis in Urban Design at the Hafencity University, Hamburg (GE)






