HOUSING AND MIGRANT WORKERS
Master’s thesis in architecture ● Ghent, BE ● 2023

© Esmée Maluta
En France, les stéréotypes persistent à l’égard des « hommes musulmans ouestafricains vivant en foyers ». Dans les années 1990, ce sujet a été largement médiatisé, accompagné d’accusations visant un mode de vie qualifié de « communautariste » et un « refus de s’adapter à la culture française ». Cette stigmatisation a conduit à des conséquences politiques drastiques, qui affectent aujourd’hui l’environnement spatial et quotidien direct de ce « groupe » marginalisé de travailleurs immigrés.
Ce mémoire de master porte sur la visualisation et la représentation tangible d’une réalité absente du débat public.
In France, stereotyping persists regarding ‘West African Muslim men who live together in foyers’. In the 1990s, this topic was heavily covered in the media, with accusations swirling about a ‘communitarian’ way of life and a ‘refusal to adapt to French culture’. This stigmatization culminated in today’s drastic political consequences for the direct spatial living environment of this marginalised ‘group’ of guest workers.
This master’s thesis concerns the visualisation and tangible representation of a reality that is not addressed in the public debate.
[Resumé]
La France a lancé en 1997 un plan national visant à « traiter » ses « foyers des travailleurs migrants ». Ce modèle de logement collectif a vu le jour dans les années 1960 pour héberger les travailleurs migrants d’Afrique de l’Ouest. Le plan de « traitement » est né de la stigmatisation croissante du mode de vie « communautaire » de ces hommes, apparue à partir des années 1980. Avec ce plan, le gouvernement français a tenté de déconstruire légalement les espaces collectifs au sein du programme de logement des « foyers ».
Ce mémoire de master porte sur une analyse spatiale comparative de la déconstruction de ce modèle de logement collectif, entre deux cas, Fillettes et Lorraine, basés à Paris. La pratique du « mapping » est utilisée comme principal outil de recherche. Dans un premier temps, des données ont été collectées lors d’un travail de terrain à Paris. Ces données comprenaient des entretiens, des archives et des observations. Elles ont ensuite été interprétées, analysées et structurées à l’aide de la cartographie. À partir de cette visualisation, des conclusions liées aux questions de recherche ont pu être tirées. Enfin, la cartographie a été développée sous sa forme finale, une exposition, qui a permis de l’utiliser comme moyen de communication et de représentation visuelle de la recherche.
Dans les deux cas, les espaces collectifs sont réduits, puis privatisés. Cependant, il existe une distinction claire dans la mise en œuvre du plan de « traitement » entre les deux. Fillettes, déjà transformé en 2008, conserve une certaine collectivité (contrôlée). Lorraine, en revanche, transformé en 2017, impose des restrictions spatiales plus strictes. Des explications peuvent être trouvées, entre autres, dans l’influence de l’environnement et du contexte local des deux cas. Cependant, c’est surtout la différence de timing dans la mise en œuvre du plan de « traitement » entre les deux qui est remarquable. Vingt ans après la création du plan, la France poursuit aveuglément et intensifie même le « traitement ». Les besoins et les exigences des résidents ne sont pas pris en compte, et ceux-ci finissent par devenir les victimes d’un modèle de logement qui avait été initialement conçu pour les accueillir.
Ce mémoire de master a été publié en juillet 2024 sous forme article en ligne dans Rekto:Verso, magazine de critique et de culture (BE).
https://www.rektoverso.be/artikel/afbraakwerken-in-de-foyer
[Abstract]
France initiated a national plan to “treat” its “foyers des travailleurs migrants” in 1997. This collective housing model originated in the 1960s to house West African migrant workers. The “treatment” plan came about as a result of the wider stigmatisation of the “communitarian” lifestyle of these men, which occurred from the 1980s onwards. With that plan, the French government tried to legally deconstruct collective spaces within the housing program of the “foyers”.
This master dissertation concerns a comparative spatial analysis of the deconstruction of this collective housing model, between two cases, Fillettes and Lorraine, based in Paris. The practice of ‘mapping’ is used as main research tool. In a first step, data was collected during fieldwork in Paris. That data consisted of interviews, archival work and observations. That data was then interpreted, analysed and structured using mapping. From that visualisation, findings related to the research questions could be made. Finally, the mapping was developed into its final form, an exhibition, which allowed it to be used as a communication and visual representation of the research.
In both cases, collective spaces are reduced and then also privatised. Yet there is a clear distinction in the implementation of the ‘treatment’ plan between the two. Fillettes, already transformed in 2008, retains collectivity to some (controlled) extent. Lorraine, on the other hand, with a transformation in 2017, has stricter spatial restrictions. Explanations are found, inter alia, in the influence of the environment and the local context of both cases. Although mainly the time discrepancy on the implementation of the “treatment” plan between the two is noteworthy. Twenty years after the creation of the plan, France blindly continues and even intensifies the “treatment”. There is no consideration of the needs and requirements of the residents, who end up becoming victims of a housing model that was originally conceived for them.
This master dissertation has been published as an online essay in July 2024 in Rekto:Verso, magazine for critiques and culture (BE).
https://www.rektoverso.be/artikel/afbraakwerken-in-de-foyer
Esmée Maluta
Paris (FR) & Ghent (BE), 2022-2023
Recherche et mémoire en architecture et design urbain à l’université de Ghent, Ghent (BE)
Supervision: Luce Beeckmans & Johan Lagae
Esmée Maluta
Paris (FR) & Ghent (BE), 2022-2023
Research and Thesis in Architecture and Urban Design at Ghent University, Ghent (BE)
Supervision: Luce Beeckmans & Johan Lagae
